Une histoire insoupçonnée

Roquefort sur Garonne est un village rural situé dans le Pays du Comminges, à 70 km environ au sud de Toulouse en direction des Pyrénées. En 2025, sa population est composée de 810 Roquefortains et Roquefortaines. En 1983, un enfant du village, Thierry BOURTHOUMIEUX, a réalisé une étude sociologique de ROQUEFORT. En voici quelques extraits…

🏺 Un territoire occupé dès l’Antiquité (Iᵉʳ siècle av. J.-C. – Vᵉ siècle)

« RUPE FORTE » (roc fort, rocher imprenable) fut le nom donné par les Romains au 1 er siècle avant J.C. Sur ce rocher, dominant sur un long parcours la Garonne et le Salat, était installé un poste de guet en relation avec « GALAGORIS » (Saint-Martory) et « ANGONIA » (Martres Tolosane).

Les Celtes et les Ibères qui voulaient s’emparer des rives de la Garonne et du Salat, riches en cultures, furent repoussés au-delà des Pyrénées ; les Romains restèrent les maîtres absolus de cette région qu’ils rendirent très prospère.

Le confluent de la Garonne et du Salat servait de port où étaient déchargés les hommes, les animaux, les denrées, le bois, les marbres, qui, de là, organisés en convois routiers ou fluviaux, prenaient la direction du lieu auquel ils étaient destinés. Ce port « FURCA » a donné naissance au « FOURG » puis le « FOURC » petit hameau de ROQUEFORT, tout près de « MANCIPUTI » (Mancioux).

🍒 Haut Moyen Âge (Vᵉ – Xᵉ siècles)

Au Vème siècle après J.C., les Vandales arrivèrent en force et chassèrent les Romains. Vers 700, les Arabes musulmans firent s’incliner les Visigoths, les Burgondes et les Francs. Ils occupèrent le pays jusqu’à leur défaite à Poitiers en 752.

Au IXème siècle, là où les Romains avaient installé leur poste de guet, fut édifiée une petite forteresse pour surveiller et protéger la fourche de la Garonne à l’embouchure du Salat et les terres des alentours très fertiles en céréales et riches en fruits. Les cerises de ROQUEFORT étaient réputées et appréciées sur les marchés régionaux.

🏰 Moyen Âge central (XIᵉ – XIIIᵉ siècles)

Cette forteresse fut transformée en château féodal au XIIème siècle. C’est le baron de ROQUEFORT, chevalier du Temple de Montsaunès, qui fit construire une grande place forte de 5220 mètres carrés, située sur le piton rocheux à 416 mètres d’altitude, dominant ainsi le village et la vallée de la Garonne et du Salat. Actuellement, il ne reste que des ruines. C’est ainsi que la baronnie de ROQUEFORT est non seulement une des plus vieilles baronnies du Comminges mais aussi de France. Le château fut brûlé et détruit par les anglais en 1453. Quelques personnages de l’Histoire de notre Pays étaient passés sous ses fenêtres dont Simon DE MONFORT ou Gaston PHOEBUS.

⛪ Un patrimoine diversifié

Plusieurs autres monuments, au fil des siècles, ont été érigés sur la Commune. Certains existent toujours. Citons par exemple le menhir de BALESTA et son enceinte sanctuaire, le château de TOUSSAN qui abrite aujourd’hui la Mairie et bien sûr l’Eglise. Avant le IXème siècle, à l’emplacement même de l’Eglise, s’élevait un hôpital dirigé par 3 ou 4 moines qui donnaient soin et réconfort aux malades. A la suite de cet hôpital, une belle église néo-romane fût construite.

Au fil des siècles, après avoir subi dégradations et démolition, c’est en 1852 que des travaux qui durèrent 30 ans, lui donnèrent sa surface et sa forme actuelle. Dédiée à Saint Martin, l’Eglise a voulu imiter le clocher de la cathédrale de Tours. Construit avec la pierre de Furne et de Balesta, le clocher abrite 5 cloches plus ou moins importantes, toutes offertes en 1721, 1835, 1837, 1860 et 1869. Toutes portent, gravé en relief, le nom du ou des donateurs ainsi que la date et le nom du fabriquant.

Ainsi, le parrain de celle de 1721 fut Monsieur DE CELÈS, à l’époque baron de ROQUEFORT. Sur celle qui fut offerte en 1869, les inscriptions suivantes apparaissent : Curé Isidore FAURE, Maire Jean LASMARTRES, A sa majesté NAPOLEON III, les habitants de Roquefort reconnaissants – Don de 20000 francs. De passage à ROQUEFORT et après avoir été bien reçu par les notables et les habitants, NAPOLEON III fit un don de 20000 francs pour la reconstruction de l’Eglise.

🏛️ Patrimoine oublié

Parmi les monuments aujourd’hui disparus, citons la chapelle du FOURC appelée la « Chapelle de Notre Dame de Pitié », la chapelle « Notre Dame des Sept Douleurs » qui se trouvait à l’intersection de la route de Mauran et de la route de MONTCLAR, le moulin à eau en bordure de la Garonne et la Tuilerie de MATIOUET.

📖 Histoire et langage

Une dernière précision. Vous n’êtes pas sans savoir que le langage et l’orthographe ont évolué au cours du temps. Le nom de notre village n’a pas échappé à la règle. De « RUPE FORTE » au 1 er siècle avant J.C., il évolua vers « ROCHA FORTE » transformé en « ROCHAFORT » pour devenir « ROQUEFORT ». Depuis juin 1921, sa dénomination officielle est « ROQUEFORT SUR GARONNE ».


Vous souhaitez en apprendre d’avantage ?

Une monographie complète (3 tomes) sur Roquefort sur Garonne, réalisée par Elie Berthoumieux est disponible à la Mairie.